L’incontinence mixte
Les différents types d'incontinence
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La cystite interstitielle, aussi appelée syndrome de la douleur vésicale, est une affection chronique et rare qui touche majoritairement les femmes. D’origine encore mal connue, cette inflammation de la vessie se manifeste par des envies fréquentes et impérieuses d’uriner, accompagnées de douleurs pelviennes. Que vous soyez concerné directement ou que vous connaissiez un proche atteint de cystite interstitielle, HARTMANN Direct vous aide à mieux comprendre cette pathologie.
La plupart des femmes connaîtront au moins une fois dans leur vie un épisode de cystite aiguë. Brûlures en urinant, envies pressantes, douleurs dans le bas-ventre, éventuelles fuites urinaires… dans la grande majorité des cas, ces manifestations traduisent une infection urinaire causée par la présence de bactéries dans la vessie. Le diagnostic est posé rapidement et un traitement antibiotique permet généralement de faire disparaître les symptômes en quelques jours. Bien que douloureuse, cette affection est en général sans gravité.
La cystite interstitielle, elle, n’est pas une infection bactérienne, mais une affection chronique. Ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’une cystite classique (envies fréquentes d’uriner, douleurs pelviennes), mais ils persistent dans le temps (au-delà de 6 mois) et ne disparaissent pas avec les antibiotiques. Cette particularité explique pourquoi le diagnostic est souvent long à établir.
Depuis 2008, l'appellation syndrome douloureux vésical a remplacé celle de cystite interstitielle1. L’ancien terme laissait penser qu’il s’agissait toujours d’une inflammation de la vessie visible à l’examen, ce qui n’est pas systématique. Le nouveau terme décrit plus justement la maladie et inclut tous les patients souffrant de douleurs chroniques de la vessie, qu’elles soient liées ou non à une inflammation visible.
Les symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre et peuvent évoluer avec le temps. Les plus fréquents sont :
Les symptômes peuvent s’intensifier au cours d’allergies saisonnières, d’un stress physique ou émotionnel, ou encore lors des rapports sexuels. La consommation d’aliments à haute teneur en potassium (par exemple les agrumes, le chocolat, les boissons caféinées et les tomates), d’aliments épicés, de tabac et d’alcool peut également avoir un impact.
Les symptômes peuvent être plus ou moins intenses selon les périodes et varier d’une personne à l’autre. Souvent, à mesure que la maladie évolue, les patients éprouvent des difficultés croissantes à uriner ou à vider leur vessie. En effet, les muscles entourant l’urètre se développent trop et finissent par mal se relâcher, rendant la miction difficile.
La maladie évolue généralement par poussées, entrecoupées de phases d’accalmie plus ou moins longues. Certaines personnes connaissent des crises de quelques heures ou de quelques jours, tandis que d’autres ressentent des troubles persistants sur plusieurs mois ou années. Même après une disparition complète des symptômes, des rechutes peuvent survenir, parfois après plusieurs années de rémission.
Chez les femmes, les symptômes peuvent aussi varier selon le cycle menstruel, et s’améliorer ou s’aggraver pendant ou après une grossesse, en raison des changements hormonaux qui agissent sur les cellules de la vessie.
La cause exacte de la cystite interstitielle n’est pas encore clairement identifiée, mais la maladie pourrait être d’origine multifactorielle.
Chez de nombreuses personnes, on observe une modification de la paroi de la vessie, qui laisse passer certaines substances de l’urine et irrite la muqueuse. La vessie rendue plus sensible déclenche des contractions involontaires des muscles lisses, ce qui réduit sa capacité à se remplir normalement. Des infections urinaires répétées, des déséquilibres hormonaux, des troubles du système nerveux ou de la circulation sanguine, ainsi que des réactions inflammatoires ou auto-immunes pourraient aussi jouer un rôle.
D’autres éléments peuvent intervenir : une chirurgie pelvienne antérieure, des changements dans le microbiote urinaire, une mauvaise circulation locale, une intolérance à l’histamine, un trouble du plancher pelvien, l’endométriose, ou encore des facteurs génétiques et psychologiques.
90% des patients souffrant de cystite interstitielle sont des femmes5 mais de plus en plus d’hommes sont concernés. La maladie est généralement diagnostiquée entre 40 et 59 ans5, mais peut toucher de façon exceptionnelle les enfants.
Bien que la cystite interstitielle soit nettement plus rare chez l’homme, les manifestations cliniques restent comparables : envies fréquentes et impérieuses d’uriner assorties de douleurs pelviennes. Le diagnostic est souvent retardé, car les symptômes peuvent évoquer une prostatite chronique, ce qui complique l’identification de la maladie.
La cystite interstitielle demeure une maladie méconnue. Pour de nombreuses personnes, le diagnostic prend plusieurs mois, voire plusieurs années, car les symptômes sont souvent confondus avec d’autres troubles urinaires.
La première étape pour aller mieux consiste à mieux comprendre la maladie et à consulter un spécialiste (urologue ou gynécologue) familiarisé avec ce syndrome
Il n’existe pas de test unique permettant de diagnostiquer une cystite interstitielle. L’évaluation repose sur un bilan approfondi pour éliminer des maladies aux symptômes similaires (infection urinaire, infection vaginale ou maladie sexuellement transmissible, calculs rénaux ou vésicaux, cancer de la vessie ou des voies urinaires, etc.) et des examens complémentaires destinés à mesurer la capacité et la sensibilité de la vessie.
Il est aussi possible que la cystite interstitielle coexiste avec d’autres pathologies, ce qui rend le diagnostic encore plus complexe.
Si les douleurs persistent, plusieurs options peuvent être envisagées :
Chez les patients les plus sévèrement atteints, présentant une vessie rétractée (c’est-à-dire qui a perdu sa souplesse et sa capacité à se remplir normalement), une intervention chirurgicale peut être envisagée en dernier recours. Le chirurgien agrandit ou remplace la vessie (on parle de cystectomie avec dérivation urinaire).
Chez les patients sans atteinte visible de la paroi vésicale, la priorité reste le traitement de la douleur par une équipe pluridisciplinaire qui peut inclure des algologues (médecins spécialisés dans la douleur), des psychologues, kinésithérapeutes, acupuncteurs, ostéopathes ou hypnothérapeutes6.
Cystite interstitielle : tout ce qu’il faut savoir
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1 Borojeni, S., & Peyronnet, B. (2025, 23 avril). Syndrome douloureux vésical : deux phénotypes à distinguer. La Revue du Praticien. Article cité : van de Merwe et al. (2008). Diagnostic criteria, classification, and nomenclature for painful bladder syndrome/interstitial cystitis: An ESSIC proposal. European Urology, 53(1), 60–67. https://doi.org/10.1016/j.eururo.2007.09.019
2 Haute Autorité de Santé. (2022, 2 mars). Note de cadrage : Bilan préthérapeutique des troubles mictionnels de l’homme. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-03/reco444_note_cadrage_rbp_bilan_pretherap_tmh__mel.pdf
3 Association française d’urologie. Cystite interstitielle, une maladie en quête de reconnaissance. Communiqué de presse, 5 juillet 2018
4 Orphanet. (2006). La cystite interstitielle : Syndrome de la vessie douloureuse. https://www.orpha.net/pdfs/data/patho/Pub/fr/CystiteInterstitielle-FRfrPub10441v01.pdf
5 L. Sibert. Épidémiologie et aspects économiques des douleurs pelvipérinéales chroniques. Progrès en Urologie Volume 20, n° 12 pages 872-885.
moins de 30 ans.
6 Association Française d’Urologie (AFU). (2018, 5 juillet). Cystite interstitielle, une maladie en quête de reconnaissance [Communiqué de presse].
D’après un entretien avec le Pr Jérôme Rigaud, chirurgien urologue au CHU de Nantes et auteur du rapport Douleurs pelvi-périnéales chroniques en urologie : mieux comprendre pour mieux traiter, p. 4. https://www.urofrance.org/sites/default/files/fileadmin/medias/afu/communiques/2018-07-05_communique-syndrome-vesical-douloureux.pdf