Incontinence et rééducation du sphincter anal
Les solutions contre l'incontinence fécale
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Vous êtes sujet à des pertes involontaires de gaz ou de selles ? Pour en comprendre la cause et adapter le traitement, votre médecin peut vous prescrire des examens d’imagerie et de mesure permettant d’analyser la force, la coordination et la sensibilité des muscles et des nerfs du périnée, qui participent au contrôle de la défécation. Afin de vous aider à mieux vous préparer, voici une présentation des principaux examens proposés dans le cadre d’un bilan d’incontinence anale.
L’incontinence anale n’est pas une pathologie grave car elle ne met pas la vie en danger. Néanmoins, le sujet, souvent perçu comme gênant ou dévalorisant, reste difficile à aborder. Mais pour celles et ceux qui en souffrent, les répercussions sur la vie quotidienne -sociale, professionnelle ou intime - peuvent être très importantes.
En France, l’incontinence anale concernerait environ 5 à 10 % de la population, tous âges confondus1. Ce chiffre est toutefois probablement en dessous de la réalité. En effet, une étude menée en région Rhône-Alpes a montré que près de 8 médecins sur 10 (médecins traitants et gynécologues) ignoraient que leurs patients en étaient atteints2.
Bon à savoir : l’incontinence anale correspond à la perte involontaire de gaz ou de selles par l’anus. On parle également d’incontinence fécale, terme qui désigne spécifiquement la perte incontrôlée de matières fécales. Cependant, une personne incapable de retenir ses selles ne peut généralement pas retenir ses gaz non plus : les deux expressions sont donc synonymes.
Pour en savoir plus sur l’incontinence fécale, lisez notre article dédié.
Si vous avez remarqué des pertes involontaires de gaz ou de selles, n'hésitez pas à en parler à votre médecin. Celui-ci pourra, si nécessaire, orienter vers un gastroentérologue ou un proctologue, spécialistes des troubles du rectum et de l’anus. Trop souvent, les patients consultent après plusieurs années d’évolution des symptômes, alors que, selon la cause, des solutions efficaces peuvent être proposées dès les premiers signes d’incontinence anale.
Qu’il s’agisse du médecin traitant ou d’un spécialiste, la prise en charge débute toujours par un examen clinique simple.
L’incontinence anale est d'abord diagnostiquée lors d’un examen clinique qui repose sur un entretien visant à comprendre vos symptômes, leur fréquence et leur impact sur votre vie quotidienne. Il se poursuit par l’observation du fonctionnement de votre périnée, notamment grâce à un toucher rectal, qui permet d’évaluer le tonus et la contraction des muscles du sphincter, ainsi que la présence éventuelle de matières dans le rectum.
Selon les résultats de cet examen clinique, le médecin pourra vous proposer :
Les examens complémentaires visent à vérifier qu’il n’existe pas de maladie organique sous-jacente, préciser les causes de ce dysfonctionnement et mesurer objectivement l’impact des symptômes sur votre vie quotidienne.
Le bilan de première intention comprend généralement trois examens : la manométrie anorectale, l’échographie endo-anale et, selon les cas, des tests électrophysiologiques du périnée.
La manométrie ano-rectale permet d’évaluer le fonctionnement de la région de l’anus et du rectum. Elle mesure la force et la coordination des muscles impliqués dans la continence et la défécation, ainsi que la sensibilité du rectum.
Cet examen est principalement proposé en cas de pertes de selles ou de difficultés à évacuer les selles.
Aucune préparation particulière n’est nécessaire. Il suffit d’avoir la vessie et le rectum vidés avant l’examen (un petit lavement peut être proposé si besoin). L’examen est indolore et ne nécessite ni anesthésie ni hospitalisation.
L’examen dure environ 30 à 45 minutes et se déroule généralement en position allongée sur le côté gauche. Une fine sonde souple, munie d’un petit ballonnet, est introduite dans l’anus après lubrification. Après une courte période d’adaptation, plusieurs mesures sont réalisées :
Une fois l’examen terminé, vous pouvez reprendre immédiatement vos activités habituelles.
L’échographie endo-anale ou endorectale permet d’examiner en profondeur les tissus de l’anus et de la partie basse du rectum à l’aide d’ultrasons émis par une sonde. Cet examen permet au médecin de mesurer l’épaisseur les muscles du sphincter anal et de détecter d’éventuelles ruptures.
Une rupture du sphincter anal - souvent due à un accouchement, une chirurgie anale ou une lésion - peut conduire à une incontinence anale plus ou moins importante selon la gravité de la rupture. Le muscle ne pouvant plus se contracter efficacement, la pression de fermeture de l’anus diminue, ce qui favorise l’échappement involontaire de gaz ou de selles.
L’examen peut être inconfortable, mais ne nécessite pas d’anesthésie générale. Les ondes sont indolores et sans danger, même pendant la grossesse.
Avant l’examen, il est conseillé de faire un petit lavement dans l’heure qui précède, afin de bien vider le rectum. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun ni de suivre un régime particulier.
L’ensemble de l’examen dure 10 à 15 minutes. Vous êtes installé(e) allongé(e) sur le dos ou sur le côté gauche. Le médecin introduit délicatement une petite sonde lubrifiée dans l’anus. Quelques mouvements de va-et-vient peuvent être effectués, et il peut vous être demandé de contracter ou de pousser pour évaluer le fonctionnement des sphincters ou repérer une éventuelle descente d’organe.
Dans certains cas particuliers :
Une fois l’examen terminé, vous pouvez reprendre immédiatement vos activités. Les résultats définitifs seront confirmés après avoir été confrontés aux autres examens de votre bilan.
Les explorations électrophysiologiques permettent d’enregistrer l’activité électrique des nerfs et des muscles qui assurent la sensibilité et la motricité du périnée. En cas d’incontinence anale, elles aident à comprendre si le trouble est d’origine musculaire, nerveuse ou mixte.
Bon à savoir : ces examens sont sans danger et ne nécessitent ni anesthésie ni préparation particulière, sauf parfois un petit lavement avant la mesure du nerf pudendal. Ils peuvent être un peu longs, car les mesures sont répétées. Certaines stimulations électriques ou piqûres d’aiguille peuvent être ressenties comme désagréables, mais sont supportables.
Leurs résultats servent à :
Les explorations électrophysiologiques peuvent comprendre :
Bilan incontinence anale : les examens à connaître
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