Tension arterielle | Mesurer ses constantes de santé
Les symptômes vasomoteurs de la ménopause : un facteur de risque d'événement cardiovasculaire
Les bouffées de chaleur (bouffées vasomotrices) et les sueurs nocturnes concernent près de 70 % des femmes1 au moment de la ménopause. Au-delà de leur inconfort, ces symptômes peuvent signaler un risque cardiovasculaire accru. À cette période de la vie, il est donc essentiel d’évaluer vos facteurs de risque dans le cadre d’un bilan de santé et d’adopter des mesures hygiéno-diététiques adaptées. Ces gestes simples contribuent à préserver votre santé vasculaire et à améliorer votre qualité de vie. HARTMANN Direct vous explique pourquoi ces symptômes vasomoteurs nécessitent votre attention.
Quels sont les symptômes vasomoteurs (SVM) de la ménopause ?
Les symptômes vasomoteurs (SVM) regroupent deux manifestations typiques de la ménopause : les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes.
Concrètement, cela se traduit par une sensation soudaine de chaleur intense, souvent au niveau du visage et du haut du corps, accompagnée de rougeurs, de transpiration, parfois de palpitations et de frissons. Elles peuvent durer de quelques secondes à plusieurs minutes et être plus ou moins intenses selon les femmes, allant jusqu’à causer un malaise2 pour certaines. Les symptômes vasomoteurs peuvent perdurer de quelques mois à plusieurs années après la ménopause.
Qu’est-ce que la vasomotricité ?
La vasomotricité correspond à la capacité des vaisseaux sanguins à se dilater ou se contracter pour réguler le flux sanguin et la température corporelle. Ce mécanisme, contrôlé par le système nerveux autonome, permet notamment d’adapter la circulation aux besoins de l’organisme. Pendant la ménopause, la baisse des œstrogènes en perturbe le fonctionnement : le corps réagit alors de manière inappropriée par une vasodilatation brutale, responsable des bouffées de chaleur et de la sudation caractéristiques des troubles vasomoteurs.
Pourquoi la ménopause marque un tournant pour la santé cardiovasculaire des femmes ?
Les femmes sont particulièrement exposées aux maladies cardio-vasculaires (MCV) en raison d’une combinaison de facteurs. Moins élevé que chez l’homme avant la ménopause, le risque d’infarctus du myocarde augmente chez la femme après la ménopause1. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS)3 , les maladies cardiovasculaires représentent même la première cause de mortalité chez les femmes, devant le cancer du sein
Pour rappel : on appelle “ménopause” le grand changement hormonal que traversent les femmes entre 45 et 55 ans. Les ovaires cessent de libérer des ovules, entraînant une chute progressive de la production d’œstrogènes (une des hormones féminines) dans le sang et la fin des règles. Pour mieux comprendre la différence entre ménopause, périménopause et préménopause, lisez notre article complet.
La baisse des œstrogènes : un facteur de fragilisation du système cardiovasculaire
Les œstrogènes ont un effet protecteur naturel sur le cœur et les vaisseaux. Leur déclin progressif à la (péri)ménopause altère la souplesse des artères et favorise la formation de dépôts graisseux (athérome), contribuant ainsi à une élévation de la tension artérielle et à un risque accru d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral (AVC). Après 55 ans, une femme sur deux présente d’ailleurs une hypertension.
Par ailleurs, ces modifications hormonales entraînent des changements métaboliques qui sont autant de facteurs aggravants du risque cardiovasculaire : le “mauvais” cholestérol (LDL) augmente tandis que le “bon” (HDL) diminue, la résistance à l’insuline s’accentue et la graisse abdominale s’installe plus facilement, ce qui accroît l’inflammation et la rigidité des artères.
Certaines femmes sont concernées encore plus tôt : celles qui ont eu une insuffisance ovarienne prématurée, par exemple après un traitement contre le cancer du sein ou une fécondation in vitro (FIV). Chez elles, la carence hormonale précoce constitue un facteur de risque cardiovasculaire majoré.
Un impact direct sur la qualité du sommeil
Les réveils répétés dus aux sueurs nocturnes provoquent une privation de sommeil chronique, connue pour augmenter la tension artérielle, le stress oxydatif et les inflammations. Or, ces phénomènes accélèrent le vieillissement des artères et fragilisent le cœur.
La combinaison migraines et SVM : un risque accru d’AVC et d’infarctus
Selon une étude publiée début 2024 dans la revue Menopause par l’Université du Michigan4, la persistance de migraines, de bouffées de chaleur et de sueurs nocturnes doit amener à consulter. Les femmes qui souffrent de ces trois symptômes depuis de nombreuses années encourent en effet un risque supplémentaire d’événement cardiovasculaire.
Comment prévenir les maladies cardiovasculaires à la ménopause ?
Selon une analyse publiée dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology, le risque d’événements cardiovasculaires serait surtout associé à des symptômes vasomoteurs sévères ou apparaissant après la ménopause. Cette étude menée auprès de plus de 23 000 femmes, souligne donc l’importance de repérer les femmes à risque et de renforcer la prévention cardiaque à la ménopause.5
Informer les femmes
Beaucoup de femmes continuent d’ignorer que la ménopause représente une période de vulnérabilité pour le cœur et les artères. Pour la moitié des Français, la ménopause est considérée comme anxiogène et difficile à évoquer, 80% des femmes pensent qu’il faudrait en parler davantage et 50% n’en parlent même pas à leur partenaire6. La première étape consiste donc à libérer la parole et à mieux informer les femmes sur les risques liés aux symptômes vasomoteurs de la (péri)ménopause.
Plusieurs initiatives participent de cette volonté :
- « Mon bilan prévention » mis en place dans le cadre du Plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2023-2027 : destiné aux femmes à des âges clés de leur vie, en l'occurrence à partir de 45 ans, ce rendez-vous permet de faire le point avec un professionnel de santé, sur vos habitudes de vie et vos facteurs de risque. Une opportunité de bénéficier de conseils personnalisés, de suivre les dépistages recommandés et ainsi de prévenir l’apparition du diabète, de certains cancers et de maladies cardiovasculaires.
- La Journée mondiale de la ménopause du 18 octobre : instaurée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en collaboration avec la Société internationale de la ménopause (IMS), cette journée vise à sensibiliser le public, les femmes et les professionnels de santé aux enjeux physiques, psychologiques et sociaux de la ménopause afin d'améliorer la prise en charge médicale des femmes ménopausées.
- La fondation Agir pour le Cœur des Femmes se mobilise pour améliorer la santé cardiovasculaire et gynécologique des femmes : un bilan cardiovasculaire et gynécologique complet et gratuit, une formation à l’auto-mesure tensionnelle, et un parcours de soins personnalisé assuré par des professionnels de santé dans le Bus du Cœur des Femmes, qui va à la rencontre des femmes les plus éloignées du parcours de soins, et des actions de sensibilisation ainsi que des dépistages gratuits organisés dans des structures de santé et des EHPAD partout en France à l’occasion de la la Journée nationale du Cœur des Femmes.
Se faire dépister
La période de transition hormonale de la ménopause justifie un dépistage spécifique du cœur à travers des examens ciblés comme un électrocardiogramme, un écho-doppler des artères, voire un score calcique et un scanner coronaire pour un dépistage plus approfondi chez les femmes à risque.
Ces examens doivent s’accompagner de la mesure de la tension artérielle et d’un bilan lipidique (cholestérol). Ce bilan médical complet permet de repérer précocement une hypertension, une rigidité artérielle ou des anomalies cardiaques silencieuses.
Adopter une hygiène de vie équilibrée
Outre un suivi médical régulier, un mode de vie protecteur peut vous aider à diminuer les symptômes vasomoteurs de la ménopause et protéger durablement la santé de votre cœur.
- Mangez équilibré : mettez dans votre assiette davantage de fruits, légumes, légumineuses, poissons et graisses insaturées (huile d’olive, noix, avocat…).
- Limitez les excès : réduisez votre consommation de tabac et d’alcool, deux ennemis majeurs du cœur et des artères. Pour en savoir plus : consultez notre article sur les liens entre le tabagisme et l'hypertension artérielle.
- Bougez chaque jour : associez différentes activités physiques permet d’en maximiser les bienfaits sur le corps et l’esprit. La pratique d’exercices de renforcement musculaire, comme le gainage, la méthode Pilates ou les séances de type cuisses-abdos-fessiers, s’avère particulièrement bénéfique pour la régulation de la pression artérielle, tandis que les activités dites « d’endurance » comme la course à pied ou le vélo sollicitent davantage le système cardio respiratoire.
- Prenez soin de votre équilibre mental et de votre sommeil : gérez votre stress et veillez à la qualité de vos nuits. Des techniques simples comme la cohérence cardiaque ou la méthode 365 peuvent vous aider à améliorer votre fonction cardiaque et votre équilibre hormonal.
Opter pour un traitement adapté
Lorsque les bouffées de chaleur et/ou sueurs nocturnes deviennent difficiles à vivre, un traitement peut être envisagé. Votre médecin ou votre gynécologue pourra vous prescrire un traitement hormonal de la ménopause (THM). À base d’œstrogènes, parfois associés à des progestatifs, il réduit rapidement la fréquence et l’intensité des symptômes vasomoteurs. Pour les femmes qui ne peuvent ou ne souhaitent pas suivre de traitement hormonal, des alternatives non hormonales peuvent également apporter un soulagement efficace.
Bon à savoir : le risque cardiovasculaire de chaque femme doit guider le choix du traitement.
Rééquilibrer le système nerveux autonome
Les bouffées de chaleur et autres symptômes vasomoteurs sont provoqués par un déséquilibre du système nerveux autonome (le pilote automatique du corps). À la ménopause, l’accélérateur du pilote automatique (le système sympathique) devient trop actif, tandis que le frein (le système parasympathique) fonctionne moins bien. Stimuler le nerf vague (le principal nerf du système nerveux parasympathique) pourrait aider à améliorer cet équilibre et ainsi diminuer la fréquence et l’intensité des symptômes vasomoteurs.
Bien que la recherche soit encore expérimentale, certains essais cliniques étudient cette voie pour atténuer les SVM en favorisant une meilleure régulation du système nerveux autonome.
D’autres techniques telles que le yoga, la méditation et la pratique de la cohérence cardiaque contribuent à réguler le système nerveux autonome en agissant sur la respiration.
Les symptômes vasomoteurs ne sont pas anodins et peuvent constituer un marqueur précoce de risque cardiovasculaire. Avec une espérance de vie dépassant les 80 ans, les femmes vivent environ 30 ans ménopausées. Il est donc impératif d'améliorer leur prise en charge, d’autant que 8 décès sur 107 sont évitables grâce à une prévention efficace et l’adoption d’une hygiène de vie saine.